Perspectives immobilières 2026 : à quoi s’attendre pour la vente, la location et le neuf ?

Interview
15-01-2026
Lancelot Ullens

L’année 2026 devrait s’inscrire dans un marché immobilier plus lisible, mais toujours exigeant. Après plusieurs années marquées par des ajustements successifs (évolution des taux, pression réglementaire et changements des modes de vie) le secteur pourrait entrer dans une phase de stabilisation progressive.

Les perspectives présentées dans cet article s’appuient sur les analyses et observations de nos experts internes : Lancelot Ullens, responsable des ventes, ainsi que Philippe Mestach et Charlotte Moreau, responsables du département neuf. Leur lecture du marché permet d’esquisser les grandes tendances susceptibles d’influencer la vente, la location et le développement immobilier en 2026.

Cette stabilisation ne signifierait toutefois ni baisse généralisée des prix, ni détente du marché locatif. Au contraire, 2026 pourrait continuer à favoriser les décisions réfléchies, les biens de qualité et les projets bien situés.

Vente : une hausse modérée, mais durable

En 2026, le marché de la vente résidentielle devrait évoluer dans un climat plus serein, sans excès, mais sans retournement brutal. Les prix devraient poursuivre leur progression à un rythme modéré, soutenus par une demande structurellement présente et une offre toujours limitée.

À Bruxelles, la hausse des prix devrait se situer autour de +3 à +4 %, portée par l’attractivité internationale de la capitale, la rareté du foncier et l’intérêt constant pour les quartiers recherchés.
En Wallonie, la dynamique restera plus soutenue, avec une progression attendue entre +4 % et +7 %, notamment dans les zones les plus prisées comme le Brabant wallon ou la région namuroise, où la pénurie de biens de qualité restera marquée.

Dans ce contexte, l’attentisme constituera un risque réel. Reporter un projet d’achat pourrait entraîner une perte progressive de pouvoir d’achat immobilier, alors que les prix continueront d’évoluer à la hausse, même de manière contenue.

Location : un marché toujours sous tension

Le marché locatif devrait rester fortement sous pression en 2026. La demande devrait demeurer élevée, portée par la mobilité professionnelle, l’accès plus complexe à la propriété pour certains ménages et l’allongement de la durée moyenne de location.

Face à une offre insuffisante, les loyers devraient continuer à évoluer à la hausse, tant à Bruxelles qu’en Wallonie. Cette dynamique restera particulièrement marquée dans les communes centrales et les quartiers bien desservis par les transports en commun, où la proximité des pôles d’emploi, des services et des axes de mobilité continuera d’attirer un large public de locataires. Dans ces zones, la rapidité de mise en location et les niveaux de loyers resteront élevés.

Les logements modernes, rénovés ou énergétiquement performants continueront à se démarquer. Ils devraient se louer plus rapidement, avec une vacance locative limitée, tandis que les biens moins adaptés aux attentes actuelles des locataires rencontreront davantage de difficultés.

En 2026, le marché locatif ne se détendra donc pas : il deviendra plus sélectif, plus structuré et plus exigeant.

Neuf : stabilité des prix et valeur long terme

 Le marché du neuf devrait entrer en 2026 dans une phase de consolidation. Les prix devraient évoluer de manière mesurée, avec une hausse estimée autour de +2 %. Une progression modérée, mais révélatrice d’un secteur qui continuera à créer de la valeur sur le long terme. 

Cette stabilité s’expliquera notamment par une offre future limitée. Si des logements seront encore livrés, les mises en chantier devraient rester en recul en raison des contraintes liées aux coûts de construction, aux délais et aux procédures de permis. Cette évolution traduira une diminution du pipeline de projets et une raréfaction progressive de l’offre neuve.

Dans ce contexte, les projets bien situés, bien conçus et pensés pour durer conserveront une forte attractivité. En 2026, la performance énergétique s’imposera comme un véritable différenciateur commercial, tant pour la vente que pour la location, en garantissant une meilleure liquidité et une valorisation plus durable.

Les conditions de financement devraient par ailleurs gagner en lisibilité, avec des taux hypothécaires attendus dans une fourchette comprise entre 2,9 % et 3,8 %, permettant aux acquéreurs de se projeter plus sereinement.

Enfin, pour partiellement répondre à cette raréfaction de l’offre neuve, la transformation progressive de bureaux en logements ou en projets mixtes participera à l’évolution de l’offre immobilière et à l’adaptation des villes aux nouveaux usages. 

Conseils stratégiques pour 2026

Acheteur résidentiel
En 2026, la combinaison d’une hausse progressive des prix et d’une pression persistante sur les loyers rendra l’attentisme risqué. Se positionner permettra de sécuriser un prix d’entrée et de limiter l’impact de la hausse continue des loyers sur le budget logement à moyen terme.

Investisseur locatif
La priorité en 2026 sera la stabilité plutôt que le rendement maximal. Les biens les plus recherchés resteront les appartements une à deux chambres et les maisons compactes, bien situés et facilement relouables. La performance énergétique jouera un rôle clé pour sécuriser la location et préserver la valeur du bien dans le temps.

En conclusion

L’année 2026 ne sera pas marquée par des excès, mais par des choix stratégiques. Qu’il s’agisse d’acheter, de louer ou d’investir dans le neuf, la qualité du bien, sa localisation et sa performance énergétique feront toute la différence.

Dans un marché aux fondamentaux solides, les décisions prises avec une vision à long terme s’avéreront les plus pertinentes. 2026 récompensera moins l’attentisme que la cohérence et l’anticipation.

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